Affaire Geox : Peut-on porter des signes religieux au travail ? Découvrez la loi !

Le refus d’un gérant de Geox d’embaucher une intérimaire voilée crée une onde de choc. Cela soulève des débats sur la liberté religieuse au travail et les réglementations internes des entreprises.

Affaire Geox Peut-on porter des signes religieux au travail Découvrez la loi !

À Strasbourg, une vidéo montrant un refus d’embauche à cause du voile déclenche un débat national. Les règles de tenue vestimentaire en entreprise et les obligations des agences d’intérim sont au cœur des discussions. Il s’agit de l’affaire Geox.

La polémique à Strasbourg: refus de travail à une intérimaire voilée

À Strasbourg, un fait divers a provoqué une grande vague d’indignation. Le gérant d’un magasin Geox a refusé à une intérimaire voilée le droit de travailler dans sa boutique. Cette affaire a suscité un débat animé sur les réseaux sociaux. Une vidéo de cinq minutes, publiée le jeudi 11 avril, montre clairement la scène. À savoir qu’elle a été visionnée par des millions de personnes. Et cela attire l’attention sur les droits des travailleurs et les limites des employeurs.

Le cœur du problème réside dans le refus du gérant face au voile porté par la jeune femme. Beaucoup se sont demandé si ce refus était légal ou non. La question centrale est de savoir si un employeur peut interdire à ses employés d’afficher leurs convictions religieuses au travail. Selon la loi française, le port du voile n’est pas interdit. Cependant, les règles internes des entreprises peuvent parfois être plus strictes. En tout cas, l’affaire Geox a fait beaucoup de bruit.

Affaire Geox : Les règles des entreprises sur la tenue vestimentaire

La tenue vestimentaire au travail est souvent réglementée par les entreprises. Elles établissent des règles pour assurer la sécurité et la santé des employés. D’ailleurs, le ministère du Travail a publié un guide qui précise ce point. En effet, il indique que les entreprises privées, comme Geox, ont le droit de définir les règles vestimentaires de leurs salariés. Ces règles visent à protéger les employés dans leur environnement de travail. Depuis 2016, les entreprises peuvent inclure une « clause de neutralité » dans leur règlement intérieur. Cette clause permet d’interdire les tenues ou symboles religieux, politiques ou philosophiques. En outre, Anne Leleu-Été, avocate spécialisée en droit du travail, explique que cette clause doit respecter certaines conditions. Elle doit s’appliquer à tous les employés, ne pas les différencier en fonction de leurs croyances, et être limitée aux salariés en contact avec la clientèle.

La décision de la cour de justice de l’Union européenne

La question de la neutralité au travail a également été abordée au niveau européen. En 2021, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu une décision importante. En effet, elle a affirmé qu’une entreprise peut interdire l’affichage de convictions religieuses, politiques ou philosophiques pour maintenir une image de neutralité envers sa clientèle. Cette décision européenne vient renforcer le cadre légal existant en France.

Affaire Geox : Le cas des intérimaires et les obligations des agences

Un autre aspect de l’affaire Geox concerne le statut de l’intérimaire. Bien qu’elle travaille pour Geox, elle est en réalité employée par une agence d’intérim. Anne Leleu-Été souligne que les règles internes de l’entreprise s’appliquent à tous, qu’ils soient salariés, stagiaires ou intérimaires. Cependant, c’est à l’agence d’intérim qu’incombe la responsabilité d’informer l’intérimaire des règles de l’entreprise.

D’ailleurs, le guide du ministère du Travail précise que l’agence doit communiquer ces règles à l’intérimaire. Si la neutralité n’est pas respectée, c’est à l’agence de prendre des mesures disciplinaires, et non à l’entreprise cliente

 

Écris par Pauline

Journaliste généraliste de Laplasturgie. Journaliste web, presse écrite et édition.
Formé comme monteur de télévision au Centre universitaire de formation au journalisme.