Alors que le prix du baril de pétrole atteint un niveau particulièrement bas, la Fédération de la Plasturgie et des Composites souligne que les plasturgistes sont loin de bénéficier pleinement de cette baisse. « Entre l’extraction de pétrole brut et la vente d’une pièce plastique, il existe toute une chaîne de valeur. Notre Baromètre des matières plastiques indique que les acteurs en amont de notre industrie captent l’essentiel de la baisse du brut et ne la répercutent que très partiellement, en la décalant dans le temps, contrairement aux hausses » explique Florence POIVEY, Présidente de la Fédération de la Plasturgie et des Composites.

« Nous ne sommes pas en mesure de garantir une répercussion sensible et durable sur nos prix de vente, d’autant que le prix du pétrole résulte de nombreux facteurs conjoncturels sur lesquels nous n’avons aucune visibilité à long terme. Certains indicateurs prévoient une hausse du prix du brut dès cette année ! L’incertitude et l’instabilité sont des facteurs, par nature, formidablement pénalisants » souligne-t-elle.

La Fédération de la Plasturgie et des Composites plaide ainsi pour l’indexation des contrats de vente des plasturgistes sur le prix des matières plastiques, dans une démarche de véritable partenariat avec leurs clients.

Laissons respirer les plasturgistes
Si la plasturgie est une industrie majeure (1,3% du PIB en France), elle est essentiellement composée de TPE et PME. Or, une enquête sur la sous-traitance réalisée en 2014 par la Fédération révèle que 63% des plasturgistes ont des rapports déséquilibrés avec leurs fournisseurs et leurs clients. Par exemple, les contrats à prix fermes empêchent les plasturgistes de répercuter les évolutions de prix des matières plastiques. « Les fournisseurs et les clients de la plasturgie ont augmenté leurs prix 2 fois plus vite que les sous-traitants plasturgistes depuis 2010. Au global, les plasturgistes ont perdu 11 points de marge, tout en assumant à eux seuls le risque prix matières » dénonce Luc-Eric KRIEF, Président du Corist (Comité des relations de sous-traitance).

La valeur ajoutée des plasturgistes ne réside pas dans l’achat de matières
La plasturgie française se positionne sur des produits à forte valeur ajoutée. « Elle est leader mondial en création de valeur » rappelle Jean MARTIN, Délégué Général de la Fédération de la Plasturgie et des Composites. Ce positionnement implique des efforts continus (R&D, investissements machines, efficacité énergétique, qualité et compréhension des besoins des clients, etc.). Or « la volatilité des prix du pétrole déstabilise notre marché, en masquant la vérité des prix. Nos clients doivent comprendre que notre valeur ajoutée ne réside pas que dans l’achat de matières, et ne doit pas être soumise aux aléas du prix du baril » poursuit-il.

La filière du recyclage des plastiques mise en danger
Alors que les industriels de la plasturgie et des composites s’inscrivent dans une démarche environnementale axée sur le recyclage, la baisse du prix du pétrole a un impact très négatif sur la filière du recyclage des matières plastiques. « Aujourd’hui les plasturgistes font encore l’effort d’acheter du recyclé, et prennent ainsi en charge le coût du développement durable » souligne Sylvain RAUX, VP Développement Durable. « Si la compétitivité de la matière recyclée par rapport à la matière vierge devait continuer à se dégrader, c’est toute une filière qui pourrait être menacée. Il faut continuer à progresser et à soutenir le recyclage des matières plastiques ! » ajoute-t-il.