L’optimisme reste encore de mise, après un mois de mai tronqué.

Un mois de mai qui rafraîchit les ardeurs haussières du marché.

La reprise de l’activité est restée modeste en Europe au printemps 2014. Si l’Allemagne et la Grande-Bretagne tirent leur épingle du jeu, d’autres pays dont la France semblent englués dans des problèmes structurels non résolus.

Ainsi, après un premier trimestre en progrès, l’INSEE prévoit que l’industrie française se dirige vers une faible croissance pour le second trimestre (+0.4 %), puis une quasi-stagnation au second semestre (+0.1 % par trimestre). Par ailleurs, l’indice Markit est au plus bas dans l’industrie française sur mai et juin.

L’Observatoire Economique pour le mois de mai confirme cette idée d’activité qui patine : au-delà des effets d’un mois de mai tronqué par les nombreux jours de congés, le marché semble se tendre de nouveau. Ainsi, près de la moitié des répondants déclare une baisse d’activité par rapport à avril.

L’ensemble des secteurs est touché par ce manque d’activité. En particulier, les marchés liés directement à la consommation des ménages (agroalimentaire, cosmétique, sports& loisirs, etc.) subissent logiquement le manque de dynamisme de ce traditionnel moteur de l’économie française.

 

S’agit-il d’un retournement de tendance ?

Une partie significative de la baisse d’activité est due aux différents jours fériés (et ponts associés) de ce mois de Mai 2014. Cela explique que le nombre de répondants indiquant une baisse de tendance d’un mois sur l’autre est le plus élevé depuis plus d’un an.

Toutefois, même en comparaison annuelle où l’effet de saisonnalité est lissé, 39% des dirigeants signalent une baisse d’activité : ce chiffre est en nette hausse. De fait, depuis le dernier trimestre 2013, le marché des plasturgistes est en stop & go, et le mois de mai aura ainsi été un creux de vague… avant un mois de juin probablement meilleur.

En lien avec cette baisse d’activité sur mai, le taux de marge se dégrade encore, alors que nous pouvions espérer qu’il allait enfin croître après plusieurs années difficiles. De même, les trésoreries des plasturgistes suivent ce mouvement négatif. Cela explique l’attentisme compréhensible des entreprises concernant l’emploi.

Cependant l’optimisme des dirigeants pour les mois suivants perdure, ce qui nuance les indicateurs d’activité mensuels. Ainsi il y a toujours plus de dirigeants anticipant une hausse d’activité sur les prochains mois que ceux prévoyant une baisse, et ce dans les mêmes proportions depuis le début d’année. De même, 2/3 des plasturgistes prévoient toujours d’investir d’ici fin 2014.

A l’issue de ce premier semestre, et en attendant les résultats de l’enquête de juin, force est de constater que la direction du marché n’est pas claire à horizon fin 2014. Par exemple, alors que certaines entreprises construisent massivement dans des capacités de production, d’autres ressentent un début de frilosité dans les carnets de commandes à 6 mois.

De fait, les perspectives de croissance de la France, qui sont régulièrement revues à la baisse (+0.7% en 2014 annoncés en juin par l’INSEE), doivent inciter à un optimisme prudent : la reprise ne se fera pas en un an seulement.