Ce mois de novembre est l’occasion de faire le point sur quelques tendances qui vont conditionner l’avenir de la plasturgie.

Une sortie de convalescence pour la zone Euro qui va entraîner la plasturgie française dans son sillage.

Plombée par le Sud de l’Europe, la zone Euro semble repartir à un rythme faible – sur 2014-2017. Ainsi le FMI prévoit une croissance de +1% en 2014.

Or la plasturgie française est fortement dépendante du cycle économique en Fran­ce et en Europe. En effet, le taux d’export du secteur est en-deçà des 25%, et leurs échanges sont concentrés à 75% dans l’UE. Pour 2014, la Fédération anticipe une reprise comprise entre 0% et 3%, ce qui est confirmé par nos adhérents.

Les dynamiques sectorielles sont très diverses, les clients de la plasturgie étant soit résilients, touchés par la con­joncture, ou bien en déclin structurel. Peu de segments connaîtraient une croissance affirmée en 2014 (aéronauti­que, biomédical, packaging de luxe). Les secteurs liés à la consommation (agroalimentaire, énergie, construc­tion) devraient évoluer dans une fourchette de ± 5%. En­fin, certaines productions in­dustrielles sont structurelle­ment en déclin (automobile, électronique).

La carte de la plasturgie mondiale se redessine

Les USA se ré-industrialisent grâce à une énergie abon­dante et de proximité d’où un gain de compétitivité dans les secteurs avec une forte composante en ma­tières premières, comme la pétrochimie. Cette compéti­tivité rejaillit en cascade sur les filières en aval, comme la plasturgie.

Les grands pays émergents (Chine, Inde) stimulent leur industrie de la plasturgie afin de répondre à la de­mande intérieure. D’autres pays émergents cherchent à monter en gamme en se positionnant sur des niches. Les Emirats arabes bâtissent une industrie pétrochimique, et réfléchissent déjà à cons­truire une filière plasturgie. Le Brésil et l’Argentine pous­sent leurs productions de plastique en s’appuyant sur les bio-énergies et le pétrole offshore.

Notre compétitivité est ainsi obérée par les prix des ma­tières premières. La sécurisa­tion des approvisionnements est devenue un problème central, qui doit nous amener à diversifier leurs sour­ces de matières premières (internationalisation, filière du recyclage, etc.) et à sensibili­ser leurs clients.

Des réserves de croissance

Notre secteur est par certains aspects le miroir de l’industrie française, dans ses forces (capacité d’inno­vation, technicité et adapta­bilité) et dans ses faiblesses (la vétusté du parc de machi­nes, le manque d’approche client et une force commer­ciale sous-dimensionnée).

Cependant la plasturgie doit devenir moins sensible à la conjoncture grâce à des le­viers d’action :

• L’anticipation, en tra­vaillant étroitement avec les clients (innovation pro­duits et procédés).

• L’industrialisation de la production

• Le développement à l’in­ternational

• Le renforcement financier et organisationnel de l’en­treprise

• Le développement de ser­vices qui apporter de la valeur ajoutée.

C’est pourquoi la Fédéra­tion est fortement engagée pour développer et donner sa juste place à la plasturgie française.

Simon Philibert – Directeur des Affaires Economiques et de la Compétitivité