Au sein du Comité Stratégique de Filières (CSF) « Chimie & Matériaux » auquel participe activement la Fédération de la Plasturgie et des Composites, la question du recyclage a été identifiée comme un enjeu fort de croissance, de compétitivité et d’emploi.

Si le recyclage des métaux ou des papiers-cartons est aujourd’hui mature, le recyclage des plastiques est moins développé. En parallèle, de nombreuses études ont mis en évidence le potentiel de développement du recyclage des plastiques, et des bénéfices induits : emplois locaux, économies de ressources matière et énergie, maîtrise des approvisionnements en matières premières, notamment.

Cependant, à la complexité technique (matières et usages nombreux, technologies de tri…) s’ajoute la complexité organisationnelle des acteurs (tailles et natures, interfaces entre collecteurs, producteurs et réutilisateurs) et les questions économiques (validité des modèles économiques, répartition de la valeur). En effet, de nombreux acteurs s’accordent sur le double constat suivant :

  • Méconnaissance entre les secteurs amont (producteurs de déchets + collecte/tri) et aval (régénérateurs + utilisateurs des matières de recyclage) avec une insuffisante interpénétration.
  • Interrogations sur la viabilité économique du recyclage pour certains flux de déchets plastiques.

C’est sur la base de ce constat que le CSF a souhaité lancer une étude pour dresser un « Etat des lieux de la chaîne de valeur du recyclage des matières plastiques en France ». Cette étude figure ainsi dans les engagements du Contrat de Filière « Chimie & Matériaux », établi début 2013 entre les industriels du CSF et l’Etat.

Objectifs de l’étude

Il s’agit surtout de bien comprendre les rouages des différents maillons de la filière, d’en dresser les fondements économiques, et d’en réaliser une analyse critique. Ceci permettra d’identifier les ressorts susceptibles de déclencher, ou soutenir, les actions des acteurs (investissements, accords industriels, etc.) contribuant au développement du recyclage des plastiques.

Si cette étude a pour objectif de faire une photo précise à l’instant T des chaînes de valeur de ce secteur, les innovations et technologies en cours d’expérimentation seront également prises en compte pour inclure dans la réflexion des possibilités de recyclage, non opérationnelles aujourd’hui.

L’étude visera à bien analyser les points où s’exerce la concurrence avec les matières premières vierges et les règles de décision des acteurs quant au choix des matières : prix, performances techniques, conséquences sur les procédés industriels, sécurisation des approvisionnements en matière première, image et marketing vert, etc.

L’évolution du comportement des acteurs économiques et des consommateurs de produits finis devra faire l’objet d’une attention particulière. En effet, la prise en compte sociétale des enjeux d’une gestion raisonnée des ressources amène d’ores et déjà des décisions impactant la production (industriels) et la demande (consommateurs) en produits à moindre impact environnemental. Il s’agira ici de voir la rapidité des processus en cours, et quel peut être leur impact à moyen terme (horizon 2025).

Par ailleurs, cette étude devra identifier les indicateurs permettant d’évaluer l’activité de recyclage et d’emploi des matières recyclées. Ces indicateurs seront utilisés par les acteurs, dont l’Etat, pour mesurer le retour sur investissement des actions engagées, en termes d’emplois, de création de valeur ajoutée et de bénéfices environnementaux.

Ambitieuse par son ampleur et sa précision, cette étude, ici centrée sur les plastiques, servira de base méthodologique pour le suivi économique et de la compétitivité des filières de recyclage sur d’autres matériaux.

Périmètre de l’étude

L’étude concernera l’intégralité de la chaîne de valeur rassemblant les différents métiers de la collecte et du tri des déchets plastiques, de la préparation/transformation des déchets triés en matière de recyclage (résines), de la production de produits finis, et enfin des industries utilisatrices de ces produits.

L’étude vise à décrire l’état des lieux de la chaine de valeur en France, en s’intéressant aux gisements de déchets français, et aux outils industriels de collecte/tri, préparation et transformation présents en France. Néanmoins, si des interactions notables ont lieu avec d’autres pays, ceux-ci devront être pris en compte  par des approches quantitatives & qualitatives globales, sans enquête exhaustive (flux exportés & importés, explications de ces transferts).

Par ailleurs, l’analyse sera complétée par une description des principales caractéristiques du recyclage des plastiques en Grande Bretagne et en Allemagne et des « business models » mis en œuvre.

L’étude est centrée sur la filière de recyclage des plastiques mais il est clair que les aspects de valorisation énergétique des refus de tri (fabrication de combustibles de substitution) ne doivent pas être oubliés car cette valorisation énergétique des résidus contribue à la chaîne de valeur du recyclage dans sa globalité, et pourra constituer un facteur de régulation économique et quantitatif des filières à l’avenir.

  • Démarrage de l’étude : Octobre 2013
  • Remise du rapport final : Juin 2014
  • Cabinet sélectionné : Deloitte
  • Financement : 50% secteurs industriels du CSF / 50% Etat (DGCIS + Ademe)