Dans le contexte de la réforme de la taxe d’apprentissage envisagée par le gouvernement, la Fédération de la Plasturgie présente un état des lieux préoccupant mais affiche une ambition forte pour une politique d’apprentissage de qualité, au plus près des PME, en renforçant la coopération entre les acteurs.

Depuis quelques années le nombre d’apprentis dans la filière plasturgie reste stable, autour de 500 apprentis. Mais de nombreuses offres de contrats d’apprentissage restent non pourvues. Le manque d’attractivité des filières de formations industrielles, l’éloignement des sites de production des zones urbaines (contraintes de déplacements pour les jeunes), la nécessité d’un accompagnement de plus en plus ciblé à un jeune public en difficultés pour leur adaptation à l’emploi sont autant de freins au développement de l’apprentissage.

 

Les sections de formation par apprentissage dans la filière plasturgie sont ainsi le plus souvent composées de 6 à 10 apprentis en moyenne, alors que dans de nombreuses autres filières les sections sont composées de 15 à 20 apprentis. Mais ces petits flux ne doivent pas pour autant être le principal critère d’arbitrage sur le maintien ou non de ces sections.

L’industrie de la plasturgie, forte de 3.800 entreprises, compte une majorité de PME et TPE, dont les capacités contributives par la taxe d’apprentissage sont limitées (moyenne de prise en charge 2.800 euros) et sont nettement inférieures au coût réel des formations en plasturgie. Le financement est donc assuré solidairement par la profession, avec les fonds libres de la taxe d’ apprentissage et les transferts issus de la professionnalisation. La répartition des fonds libres de la taxe d’apprentissage par la Fédération de la Plasturgie vers les diplômes de la plasturgie est un vrai choix stratégique de la branche pour les métiers industriels de la profession. Ce soutien stratégique est possible parce qu’il est porté au niveau national et sur l’ensemble du territoire et correspond à la réalité des bassins économiques des entreprises de la plasturgie ne recouvre pas toujours les enjeux des territoires administratifs.

 

Les évolutions dans les grands équilibres au sein des fonds collectés par les OPCA peuvent également fragiliser l’apprentissage, car la montée en puissance de nouveaux dispositifs sur la professionnalisation peut avoir pour conséquence la réduction des transferts vers l’apprentissage. La profession doit veiller à ce que les différents dispositifs ne viennent pas se concurrencer les uns les autres.

 

L’enjeu pour la Fédération de la Plasturgie est de proposer des formations de qualité, offrant à des jeunes une qualification leur permettant une insertion professionnelle, dans des entreprises de plasturgie à taille humaine qui cherchent à développer l’excellence de leurs compétences. La Fédération de la Plasturgie souhaite poursuivre son engagement sur les 3 axes suivants :

– conduire une politique de qualité en renforçant le processus de labellisation des formations par apprentissage,

– mobiliser les réseaux d’acteurs et innover sur les processus pédagogiques pour permettre à nos TPE/PME de recruter des jeunes en alternance dans les métiers de la plasturgie, en leur facilitant l’accès à des formations de qualité, à proximité de leurs sites de production,

– stabiliser les financements provenant de la profession (fonds libres de la taxe d’apprentissage et professionnalisation) et favoriser de nouvelles synergies au niveau régional.