La Fédération de la Plasturgie et des Composites interpelle les pouvoirs publics sur les risques désastreux du Compte Personnel Pénibilité sur l’emploi et la compétitivité des entreprises industrielles. 

La dernière réforme des retraites prévoit l’instauration d’un Compte Personnel Pénibilité, CPP, ouvrant droit à des retraites anticipées pour les salariés exposés à des facteurs de pénibilité. Ce compte sera alimenté par une cotisation supplémentaire (pouvant aller jusqu’à 1,8 %) à la charge des entreprises.

Si la logique humaniste de la réforme peut être entendue, elle ne tient pas le choc avec la réalité économique.

En effet, l’industrie française est dans une situation extrêmement fragile. Celle-ci ne représente plus que 18 % dans le PIB français contre 28 % en Allemagne. Le cout du travail est une explication de cet inexorable déclin : il est de 35, 73 € par heure en France contre 32,9 € en Allemagne et 29,16 € dans la zone euro.

Le taux de marge de nos entreprises n’a jamais été aussi faible (28 %) et bloque toute politique d’investissement.

Pour autant, l’industrie est cruciale à l’économie française. Elle représente 220 milliards d’euros de valeur ajoutée, 75 % des exportations et emploie directement 2.350.000 personnes.

La Plasturgie quant à elle regroupe 130.000 salariés (soit autant que les télécoms) et est composée principalement de TPE-PME (la taille moyenne est de 35 salariés par entreprise).

L’industrie sera – à son corps défendant – la principale concernée par le CPP au regard :

–          de son exposition naturelle et inévitable au facteur de pénibilité (il n’existe pas d’équipement de protection individuelle ou collective contre le travail de nuit)

–          du nombre de salariés en production.

L’industrie n’est pas pour autant restée inactive sur la question de la pénibilité et a pris de nombreuses mesures onéreuses en matière de prévention, d’adaptation et de réparation.

Le gouvernement a récemment pris conscience de la nécessité de réduire le coût du travail pour remettre un tant soit peu à égalité les entreprises françaises avec leurs concurrents étrangers. Les effets du CICE vont être en très grande partie annulés par le CPP.

Aussi, au regard de ces éléments, la question qui vaille est la suivante : est-ce que des entreprises (pour la plasturgie principalement des PME) pourront supporter une nouvelle hausse des charges sans que cette perte de compétitivité n’ait d’incidences sur l’emploi, les politiques salariales, les décisions d’investissement et les actions de préventions ?

Il est malheureusement évident que la mesure – si elle était mise en œuvre – serait à la fois catastrophique pour la compétitivité des entreprise ainsi que l’emploi et contre-productive sur la pénibilité.

C’est pourquoi, il nous apparait inévitable  – si nous voulons conserver le tissu industriel qu’il nous reste – de devoir suspendre la mise en œuvre du compte personnel pénibilité.

Téléchargez la note détaillée concernant les risques du CPP :